Refuser le renouvellement, sans se mettre en danger


Refus de renouvellement de bail commercial : ce que risque le bailleur et comment se protéger

ou parlez à un expert agréé : 01 85 09 25 76

Refuser de renouveler un bail commercial est un droit du bailleur — mais un droit encadré et coûteux. En refusant, vous devez en principe verser une indemnité d'éviction au locataire, sauf dans trois situations précises prévues par la loi. Mal préparé, le refus expose à une indemnité bien plus lourde que prévu, voire à l'annulation du congé. Voici le cadre, les exceptions, la procédure, la fiscalité — et pourquoi faire évaluer l'indemnité avant de refuser.

Devanture de commerce rideau baissé après refus de renouvellement de bail commercial par le bailleurRefus de renouvellement
Rideau baissé : le local repris par le bailleur après refus de renouvellement.
Avant de refuser, sachez ce que cela coûte. Faire expertiser mon dossier →
01Le cadre

Un droit d'ordre public : vous ne pouvez pas y déroger

Brasserie parisienne sous bail commercial, protégée par le statut d'ordre public des baux commerciauxLe statut
Le statut des baux commerciaux est d'ordre public : aucune clause ne peut l'écarter.

Le droit du locataire à une indemnité d'éviction est d'ordre public (article L.145-14 du Code de commerce). Conséquence directe pour vous : aucune clause de votre bail ne peut l'écarter, le plafonner par avance ou y faire renoncer le locataire. Une stipulation contraire serait réputée non écrite.

Vous êtes libre de refuser le renouvellement — c'est votre droit de propriété — mais ce refus a un prix légal : l'indemnité d'éviction, qui répare le préjudice du locataire évincé. Hors des trois cas que la loi prévoit limitativement, refuser sans payer n'est pas une option. C'est le point de départ de toute décision.

Refuser a un prix : connaissez-le d'abord. Faire évaluer l'indemnité →
02Les exceptions

Refuser sans indemnité : les trois seuls cas

Trois situations seulement permettent de refuser le renouvellement sans verser d'indemnité — et chacune est d'interprétation stricte. Le juge contrôle la réalité et le sérieux du motif : un motif allégué mais mal qualifié ou mal prouvé est écarté.

1

Motif grave et légitime

Faute du locataire : impayés persistants, sous-location irrégulière, déspécialisation non autorisée, dégradations… Recevable seulement après une mise en demeure restée sans effet plus d'un mois. Une faute ancienne et régularisée ne suffit pas.

2

Reprise pour habiter

Le bailleur (ou un proche au sens de la loi) reprend les locaux à usage d'habitation. L'exception est strictement encadrée et ne joue pas pour tous les locaux ni dans toutes les configurations.

3

Démolition-reconstruction

Reconstruction de l'immeuble, opération d'urbanisme, local insalubre ou menaçant ruine. Conditions de forme et de fond précises ; un droit de priorité au relogement peut bénéficier au locataire.

Le piège à éviter

Refuser pour « motif grave et légitime » sans dossier solide est l'erreur la plus coûteuse. Si le juge écarte le motif, vous ne réalisez aucune économie : vous payez l'indemnité d'éviction pleine, plus les frais de procédure — souvent l'inverse exact du résultat recherché.

Un motif fragile coûte plus cher qu'une indemnité. Sécuriser ma décision →
03La procédure

Le congé avec refus : la procédure exacte

Congé avec refus de renouvellement signifié au locataire par acte de commissaire de justiceLa procédure
Le congé se signifie par acte de commissaire de justice, six mois avant l'échéance.

Même fondé, un refus mal notifié est inopérant. La forme du congé est essentielle, sous peine de nullité : un congé nul ne produit aucun effet, et le bail peut se poursuivre malgré vous. Quatre points à sécuriser :

  • La forme : acte de commissaire de justice (ex-huissier) obligatoire. Un simple courrier, même recommandé, ne suffit pas.
  • Le délai : six mois au moins avant le terme du bail (ou avant l'expiration de la période en cours en cas de tacite prolongation).
  • La qualité du signataire et la désignation exacte du bien et du preneur : la moindre erreur peut être fatale au congé.
  • Les mentions obligatoires : énoncé du motif s'il en existe un, et information du locataire sur son droit à indemnité et les délais pour contester.
1
≥ 6 mois avant le terme

Congé avec refus

Notifié par acte de commissaire de justice, mentions obligatoires comprises.

2
Amiable ou juge

Fixation du montant

L'indemnité d'éviction est évaluée puis fixée, à l'amiable ou par le juge des loyers.

3
15 jours

Droit de repentir

Le bailleur peut renoncer au refus et renouveler le bail, si le locataire occupe encore les lieux (art. L.145-28).

4
3 mois après paiement

Départ du locataire

Il ne quitte les lieux qu'après versement effectif de l'indemnité ; avant, il s'y maintient.

Un congé attaquable ruine toute la stratégie. Préparer mon dossier →
04Le montant

Comment est fixé le montant de l'indemnité ?

Balance de la justice devant une façade haussmannienne, juge des loyers commerciauxDevant le juge des loyers
Le montant se fixe à l'amiable ou devant le juge des loyers commerciaux.

L'indemnité est déterminée par un expert immobilier agréé, qui conduit l'analyse en logique contradictoire et établit un rapport motivé, recevable devant le juge des loyers commerciaux. Faire évaluer tôt, avant toute décision, permet de garder l'initiative.

Elle se compose d'une indemnité principale (valeur du fonds ou, si elle est supérieure, valeur du droit au bail) et d'indemnités accessoires (remploi, déménagement, trouble commercial…). Voir comment est calculée l'indemnité et le rôle du caractère transférable du fonds.

Un point souvent négligé : la prescription biennale (deux ans, art. L.145-60). L'arrêt du 12 février 2026 a rappelé qu'une demande de référé-expertise ne l'interrompt ni ne la suspend : ne comptez pas sur une mesure d'instruction pour préserver le délai — agissez et faites évaluer tôt.

Exemple — le motif mal qualifié qui coûte cher

Un bailleur lyonnais, propriétaire d'un local en pied d'immeuble sur un emplacement n°1, refuse le renouvellement à son locataire restaurateur pour « motif grave et légitime », en invoquant des retards de loyer pourtant régularisés. Il espérait reprendre le local sans rien payer.

Le juge écarte le motif : les manquements, anciens et régularisés, n'étaient pas d'une gravité suffisante. Le refus est requalifié en refus ouvrant droit à indemnité. Le bailleur est condamné à une indemnité d'éviction de 250 000 à 350 000 € (valeur du fonds, emplacement de premier ordre), augmentée des accessoires et des frais de procédure.

Une expertise préalable, côté bailleur, aurait montré dès le départ que le motif était fragile et l'indemnité élevée — laissant le choix d'une stratégie moins coûteuse. Exemple représentatif, à fins d'illustration.

Connaître le montant, c'est garder l'initiative. Demander une évaluation →
05La fiscalité

Fiscalité de l'indemnité versée

Immeuble de rapport avec commerces en pied, patrimoine du bailleur et fiscalité de l'indemnité verséeLa fiscalité
Le traitement fiscal de l'indemnité dépend de l'objectif poursuivi par le bailleur.

L'une des questions les plus fréquentes des bailleurs : l'indemnité que je verse est-elle déductible ? La réponse dépend de l'objectif de l'éviction.

A

Pour relouer (location nue)

L'indemnité est le plus souvent une charge engagée pour conserver le revenu foncier : déductible des revenus fonciers. C'est le cas le plus courant.

B

Pour vendre libre ou reprendre

Engagée non pour conserver un revenu mais pour valoriser ou récupérer le bien : généralement ajoutée au prix de revient de l'immeuble (impact lors d'une cession ultérieure).

C

Société à l'IS

En principe charge déductible du résultat lorsqu'elle est engagée dans l'intérêt de l'exploitation ; à immobiliser si elle augmente la valeur d'un actif.

Côté locataire, à l'inverse, l'indemnité perçue bénéficie souvent d'un régime de faveur (exonération ou imposition atténuée selon qu'elle répare la perte du fonds ou un simple préjudice) — utile à connaître en négociation.

Important

Ces repères sont d'ordre général. Le traitement exact dépend de votre régime (foncier, BIC, IS), de l'objectif de l'éviction et de la ventilation de l'indemnité entre principal et accessoires. Faites-les valider par votre conseil fiscal ; un rapport d'expertise détaillé facilite cette ventilation.

Une ventilation claire facilite la fiscalité. Obtenir un rapport détaillé →
06La bonne méthode

Pourquoi faire expertiser AVANT de refuser ?

Dossier d'expertise et évaluation de l'indemnité d'éviction réalisé avant le refus de renouvellement par le bailleurExpertiser avant de refuser
Faire évaluer l'indemnité AVANT de refuser : un rapport opposable, poste par poste.

C'est la démarche qui sépare un bailleur protégé d'un bailleur exposé. Faire évaluer l'indemnité en amont, par un expert agréé, vous permet de :

  • décider en connaissance de cause : refuser, négocier ou renoncer, en sachant ce que cela coûte ;
  • provisionner le bon montant et sécuriser votre trésorerie ;
  • vous protéger d'une surévaluation adverse : opposer une valeur argumentée, sourcée, défendable ;
  • exercer votre droit de repentir à temps si l'indemnité s'avère trop lourde.

À Paris et en Île-de-France comme à Lyon, le marché évolue vite : sur un emplacement n°1, une indemnité mal anticipée s'évalue en centaines de milliers d'euros. Une évaluation précise, en amont, n'est pas une dépense : c'est une garantie.

Haussmann Évaluation intervient POUR le bailleur

La plupart des contenus sur l'éviction sont écrits côté locataire. Notre cabinet défend votre position de propriétaire : nous évaluons l'indemnité au plus juste, opposons une valeur documentée à la demande adverse et vous accompagnons à l'amiable comme devant le juge. Rapport conçu en logique contradictoire dès l'origine, par un expert agréé (TEGoVA-REV, SEEIF, SNPI) dont la responsabilité est engagée.

Devis gratuit sous 24 h. Parlez à un expert au 01 85 09 25 76 ou faites expertiser votre dossier en ligne.

FAQ

Questions fréquentes — bailleur

Puis-je refuser le renouvellement sans payer d'indemnité ?

Seulement dans trois cas : motif grave et légitime (faute du locataire), reprise pour habiter, ou démolition-reconstruction, chacun sous conditions strictes. Hors ces exceptions, l'indemnité est due : le droit du locataire est d'ordre public (art. L.145-14) et aucune clause du bail ne peut l'écarter.

Que se passe-t-il si je ne paie pas l'indemnité ?

Tant que l'indemnité n'est pas réglée, le locataire conserve son droit au maintien dans les lieux : vous ne pouvez pas l'expulser. Vous pouvez aussi exercer votre droit de repentir dans les 15 jours suivant la fixation définitive du montant (art. L.145-28) et renouveler le bail, si le locataire occupe encore les lieux.

Sous quel délai le locataire doit-il partir après l'éviction ?

Le locataire évincé n'est tenu de partir qu'une fois l'indemnité effectivement versée ou consignée. Jusqu'à ce paiement, il bénéficie d'un droit au maintien et reste redevable d'une indemnité d'occupation. C'est le paiement, et non la seule notification du congé, qui déclenche le départ.

L'indemnité versée est-elle déductible de mes impôts ?

Le plus souvent oui, mais cela dépend de l'objectif. Pour un bailleur en location nue, l'indemnité versée pour relouer dans de meilleures conditions est en principe déductible des revenus fonciers. Si l'éviction vise à vendre le bien libre ou à le reprendre, elle est généralement ajoutée au prix de revient. Pour une société à l'IS, c'est en principe une charge déductible. À confirmer avec votre conseil fiscal.

Que risque le bailleur s'il qualifie mal le motif de refus ?

Un motif grave et légitime mal fondé, ou un congé entaché d'un vice de forme, peut être annulé. Le bailleur se retrouve redevable de l'indemnité pleine, parfois bien plus élevée que l'économie espérée. D'où l'intérêt de faire évaluer l'indemnité et de sécuriser la procédure avant de notifier le congé.

Comment me protéger d'une surévaluation par le locataire ?

En faisant établir, avant tout refus, un rapport d'expertise opposable par un expert agréé qui évalue l'indemnité côté bailleur. Ce rapport oppose une valeur argumentée et sourcée à la demande adverse, à l'amiable comme devant le juge, et vous permet de décider en connaissance de cause. Devis gratuit sous 24 h au 01 85 09 25 76.

Une situation de bailleur particulière ? Poser ma question à un expert →
Zones d'intervention

Où intervient le cabinet ?

Le cabinet intervient depuis Paris (75017) sur toute l'Île-de-France, à Lyon et en Auvergne-Rhône-Alpes — un marché commercial particulièrement actif — ainsi que pour les frontaliers de Suisse romande (Haute-Savoie, Ain, Doubs), et plus largement sur l'ensemble du territoire français.

Haussmann Évaluation
5 rue de la Terrasse, 75017 Paris

Voir aussi

Approfondir le dossier éviction

Expertise en indemnité d'éviction

Le cadre complet de la mission : évaluer et défendre l'indemnité, à l'amiable comme devant le juge.

Découvrir →

Comment est calculée l'indemnité

Indemnité principale (fonds ou droit au bail) et accessoires : la méthode détaillée.

Découvrir →

Les droits du locataire

L'autre face du dossier : ce que peut réclamer le locataire évincé.

Découvrir →

Faire expertiser votre dossier de bailleur →

Bailleur : sécurisez votre refus de renouvellement

Faites évaluer l'indemnité d'éviction avant de notifier le congé. Experts agréés TEGoVA, SEEIF et SNPI, cabinet basé à Paris (75017) — intervention Île-de-France, Lyon et Auvergne-Rhône-Alpes, frontaliers de Suisse romande.

Contactez un expert agréé →