L'avenant « gratuit » de 2003 qui déplafonne le loyer en 2024


Avenant au bail commercial : l'extension qui a coûté 54 000 € par an

Premier échange avec un expert agréé sous 48 h.

En 2003, un avenant étend le bail d'un salon de thé du Marais à quelques caves supplémentaires, sans augmentation de loyer. Personne n'y prête attention. Au renouvellement, cette extension devient l'argument central du bailleur : modification notable, déplafonnement, et un loyer porté de 88 420 € à 142 700 € par an. Cette étude de cas montre ce qu'un avenant au bail commercial change réellement à la valeur locative, et pourquoi chaque modification du bail mérite d'être évaluée avant d'être signée.

01L'acte et sa portée

Un avenant au bail commercial, qu'est-ce que c'est ?

Avenant au bail commercial, acte modifiant l'assiette et les obligations du bail, expertise de la valeur locative, Haussmann ÉvaluationL'acte et sa portée
L'avenant modifie le bail sans le remplacer : sa portée se mesure des années plus tard.

L'avenant est l'acte qui modifie le bail en cours de route, sans le remplacer : extension ou réduction des surfaces louées, changement de destination, ajustement du loyer, transfert de charges ou de travaux, nouvelles autorisations. Le bail vit, l'avenant enregistre ses évolutions.

Ce que l'on mesure moins, c'est sa portée dans le temps. Les éléments qui déterminent la valeur locative d'un local, énumérés par l'article L.145-33 du Code de commerce, incluent les caractéristiques du local et les obligations respectives des parties : précisément ce qu'un avenant modifie. Un avenant d'apparence anodine peut donc, des années plus tard, devenir la pièce centrale d'un renouvellement, comme motif de déplafonnement du loyer commercial ou comme justification d'un abattement. C'est toute la matière de l'affaire du Marais.

02L'étude de cas

Étude de cas : les caves « oubliées » d'un salon de thé du Marais

Étude de cas d'un avenant au bail commercial dans le Marais à Paris, extension de l'assiette du bail à des caves, Haussmann ÉvaluationL'étude de cas
Des caves ajoutées sans hausse de loyer en 2003, un déplafonnement tranché en 2024.

Le décor : une grande maison de thé installée dans le Marais, à Paris. À l'origine, le bail porte sur un seul local. En 2003, un avenant étend son assiette à plusieurs caves, sans augmentation de loyer à l'époque. Au renouvellement de 2012, les bailleurs invoquent cette extension comme modification notable et réclament un loyer de 500 000 € par an, contre 88 420 € auparavant.

Le locataire soutient que l'avenant n'était qu'une « erreur de plume », sans portée réelle. La cour d'appel de Paris, dans un arrêt du 28 novembre 2024, écarte l'argument : la rédaction de l'avenant, la correspondance échangée entre conseils et les plans annexés démontrent une négociation réelle et une extension volontaire du périmètre loué. Surtout, ces caves, bien qu'en sous-sol, ont permis une réorganisation fonctionnelle de la cuisine et la création d'un vestiaire du personnel : une incidence favorable concrète sur l'exploitation. La modification est jugée notable, et le loyer sort du plafonnement du loyer commercial.

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03Le verdict en chiffres

Le verdict en chiffres : de 88 420 € à 142 700 € par an

Fixation du loyer de renouvellement à 750 euros le mètre carré pondéré après avenant au bail commercial, expertise Haussmann ÉvaluationLe verdict en chiffres
750 € le m²P, un abattement de 5 % : la valeur locative se démontre pièce par pièce.

Une fois le déplafonnement acquis, restait à fixer la valeur. La cour retient une valeur locative unitaire de 750 € le mètre carré pondéré, la pondération intégrant les nouvelles surfaces selon leur utilité réelle, un mécanisme que nous détaillons dans l'étude de cas sur la surface pondérée. Elle applique ensuite un abattement de 5 % au titre des clauses exorbitantes du bail, qui transféraient au locataire des travaux relevant normalement du propriétaire (les grosses réparations de l'article 606 du Code civil).

L'avenant « gratuit » de 2003, en euros

Ancien loyer : 88 420 € par an. Réclamé par les bailleurs au renouvellement : 500 000 € par an.

Fixé par la cour : 750 € le m²P, abattement de 5 % pour clauses exorbitantes = 142 700 € par an.

Écart avec l'ancien loyer : + 54 280 € par an, chaque année du bail renouvelé.

Résultat : un loyer confirmé de 142 700 € par an. Ni les 500 000 € réclamés, ni le maintien espéré par le locataire : 54 280 € de plus par an que l'ancien loyer, chaque année du bail renouvelé. À l'échelle d'un bail de neuf ans, l'avenant « gratuit » de 2003 aura déplacé près d'un demi-million d'euros.

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04Les leviers de valeur

Ce qu'un avenant peut changer à la valeur locative

Surfaces, destination, obligations des parties : les leviers de la valeur locative modifiés par un avenant au bail commercialLes leviers de valeur
Surfaces, destination, obligations, loyer : quatre piliers qu'un avenant peut déplacer.

L'affaire du Marais n'est pas un cas isolé dans son principe : tout avenant touche potentiellement à l'un des piliers de la valeur locative.

  • Les surfaces : une extension, même en sous-sol ou en réserve, entre dans l'assiette et dans la pondération ; sa contribution à l'exploitation se mesure.
  • La destination : élargir les activités autorisées peut accroître l'utilité commerciale du local, donc sa valeur.
  • Les obligations des parties : transférer des charges ou des travaux au locataire pèse en sens inverse, et peut justifier un abattement, comme les 5 % retenus dans notre cas.
  • Le loyer lui-même : un avenant qui fixe un nouveau loyer crée un point de référence dont les révisions et le renouvellement partiront ensuite.

La conclusion s'impose : chaque avenant mérite une double lecture, celle de votre conseil pour la rédaction, celle de l'expert pour la valeur. Les deux regards se complètent et ne se remplacent pas, comme l'explique notre page fixation et révision du loyer commercial.

Surfaces, destination, clauses : chaque modification s'évalue en euros. L'expertise immobilière la chiffre avant signature. Faites chiffrer l'incidence par un expert →
05Les repères parisiens

Repères parisiens : les valeurs retenues par les juges

Repères de valeurs locatives au mètre carré pondéré retenues par la cour d'appel de Paris, Marais, Victor Hugo, Village RoyalLes repères parisiens
De 750 € à 1 800 € le m²P : des ordres de grandeur, jamais une évaluation.

Notre série d'études de cas fondées sur les décisions publiques des juridictions parisiennes permet de constituer des repères de valeurs locatives unitaires, en mètres carrés pondérés (m²P) :

  • Le Marais, Paris 4e (salon de thé, caves comprises dans l'assiette) : 750 € le m²P, cour d'appel de Paris, novembre 2024.
  • Quartier Victor Hugo, Paris 16e (pharmacie à l'angle de deux voies) : 1 050 € le m²P, cour d'appel de Paris, décembre 2023.
  • Village Royal, Paris 8e (restaurant avec terrasse dans un passage de prestige) : 1 800 € le m²P, cour d'appel de Paris, juin 2024.

Ces valeurs donnent des ordres de grandeur par quartier ; elles ne remplacent pas une évaluation. La pondération, l'état du local, la destination et les clauses du bail font varier la valeur locative d'un local à l'autre, y compris dans la même rue : c'est précisément ce que mesure une expertise de la valeur locative de marché. L'ensemble de ces repères, enrichi à chaque nouvelle étude, est rassemblé sur notre page expert immobilier à Paris.

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06L'expertise

Avant de signer, avant de renouveler : mesurer l'incidence

Expertise de la valeur locative avant signature d'un avenant au bail commercial, rapport opposable, Haussmann ÉvaluationL'expertise
Bailleur ou locataire : la même question, mesurer l'incidence avant de s'engager.
ACôté bailleur

L'avenant comme actif

Un avenant bien documenté est un actif : la trace d'une extension et de son incidence sur l'exploitation prépare le renouvellement et, le cas échéant, le déplafonnement.

vs
BCôté locataire

La vigilance en miroir

La vigilance est la même en miroir : accepter une extension ou de nouvelles obligations, c'est accepter leurs conséquences sur les loyers futurs, et mieux vaut les connaître en euros avant de signer.

Haussmann Evaluation intervient sur ce seul terrain : l'évaluation. Expert agréé SEEIF, reconnu TEGoVA (REV), membre SNPI, nous mesurons l'incidence d'une modification du bail sur la valeur locative, établissons la valeur selon les critères de l'article L.145-33 et livrons un rapport argumenté et opposable, utilisable dans une négociation amiable comme dans une procédure. Environ 30 % de nos interventions ont pour but d'instruire une procédure judiciaire ou une conciliation (juge des loyers notamment). Le point d'entrée : notre page renégociation de loyer commercial.

Établir la valeur : la voie amiable et la voie judiciaire

Dans l'affaire du Marais, la valeur a été établie dans le cadre du procès, au terme d'un débat d'expertise devant le juge. Rien n'oblige à attendre ce stade : les parties peuvent organiser ensemble une expertise amiable contradictoire, en choisissant l'expert, en définissant la mission et en échangeant leurs observations sur pièces. Le rapport qui en résulte, argumenté et opposable, nourrit la négociation de l'avenant ou du renouvellement, et conserve son poids si le dossier se judiciarise : la voie conventionnelle a été consolidée par le décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025. Les deux voies relèvent du même métier, à deux moments du dossier ; nous les présentons en détail dans notre article expertise amiable ou judiciaire.

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Sources. CA Paris, Pôle 5, chambre 3, 28 novembre 2024, n° 21/12263 (décision publique ; citée d'après l'arrêt) · Art. L.145-33 C. com. (valeur locative, critères) · Art. L.145-34 C. com. (plafonnement et exceptions) · Repères parisiens : CA Paris, 7 déc. 2023, n° 21/13030 · CA Paris, 13 juin 2024, n° 22/14249 (décisions publiques ; citées d'après les arrêts) · Décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025 (instruction conventionnelle). Images : banque Haussmann Évaluation.

FAQ

Questions fréquentes

Un avenant au bail commercial peut-il entraîner un déplafonnement ?

Oui, s'il emporte une modification notable des éléments de la valeur locative de l'article L.145-33 : extension de l'assiette, changement de destination, obligations nouvelles. Dans le cas jugé à Paris en novembre 2024, une extension à des caves consentie en 2003 sans hausse de loyer a justifié, au renouvellement, un déplafonnement et un loyer porté de 88 420 € à 142 700 € par an.

Une extension vers des caves ou des réserves compte-t-elle vraiment ?

Oui, dès lors qu'elle a une incidence favorable réelle sur l'exploitation. Dans l'affaire du Marais, les caves ont permis de réorganiser la cuisine et de créer un vestiaire du personnel : la cour y a vu une modification notable. Les surfaces secondaires entrent dans la pondération selon leur utilité : leur valeur unitaire est plus faible que celle de la boutique, mais elle n'est pas nulle.

Que devient le loyer si l'avenant ne l'a pas modifié ?

Le loyer inchangé au moment de l'avenant ne fige rien : la modification du bail, elle, reste acquise et pourra être invoquée au renouvellement suivant. C'est le cœur du cas étudié : aucune hausse en 2003, mais un argument de déplafonnement en 2012, tranché en 2024. L'incidence d'un avenant se mesure au moment où on le signe, pas au moment où l'autre partie s'en souvient.

Qu'est-ce qu'une clause exorbitante et quel effet sur le loyer ?

C'est une clause qui met à la charge du locataire des obligations excédant l'usage, par exemple des travaux relevant normalement du propriétaire, comme les grosses réparations de l'article 606 du Code civil. Ces transferts pèsent sur la valeur locative et se traduisent par un abattement : 5 % dans l'affaire du Marais. Chaque clause s'évalue en euros, pièce par pièce, dans le rapport d'expertise.

Faut-il faire évaluer le local avant de signer un avenant ?

C'est la conclusion pratique de cette affaire. Une évaluation avant signature mesure l'incidence de la modification sur la valeur locative et documente l'état du local à la date de l'avenant : côté bailleur, elle prépare le renouvellement ; côté locataire, elle évite de découvrir des années plus tard le coût réel d'une extension « gratuite ». Le devis est gratuit et sous 24 h.

Un avenant à signer, un renouvellement à préparer ?

Extension de surface, clauses nouvelles, loyer de renouvellement : faites mesurer l'incidence sur la valeur locative par un expert agréé SEEIF, reconnu TEGoVA (REV), membre du collège des experts du SNPI. Rapport argumenté et opposable, en amiable comme en judiciaire. Devis gratuit sous 24 h.

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